Recherche
 
Journées d’étude « Traduction et mondialisation », 7 et 8 décembre 2007

Résumé et/ou texte intégral des communications

-  La traduction sans le langage
Claire Joubert, Université de Paris 8
-  C’est la traduction qui fait la différence : traduire contre la globalisation
J. Borek, Université de Vienne
-  La reconnaissance vocale au service du sous-titrage en direct
C. Imhauser, ISTI HEB Bruxelles
-  Language of law and legal translation
Ayfer Altay, Hacettepe University, Ankara
-  L’internationalisation de la littérature arabe moderne, du prix Nobel de Naguib Mahfouz (1988) à L’Immeuble Yacoubian (2006)
R. Jacquemond, Université de Provence
-  Babels, la traduction et l’éthique hacker : la liberté en action ?
Y. Brailowsky et M._Brander de la Iglesia, membres de Babels
-  L’expert traducteur-interprète près les Cours d’Appel, un auxiliaire de justice à part entière
M.-C. Pena-Soubras, Université de Caen Basse Normandie
-  Viceversa Littérature : une expérience éditoriale en Suisse.
F. Biamonte, Service de Presse Suisse


— Communication de Claire Joubert, Université de Paris 8
La traduction sans le langage

Résumé
La traduction s’idéologise. C’est-à-dire que curieusement, en gagnant en « visibilité » (au sens de L. Venuti) culturelle, théorique, sociale, institutionnelle, elle devient invisible comme problème, et lieu d’unanimité, d’acceptation maximale ; carrefour des consensus où peuvent se rencontrer — mais selon quels modes ces rencontres ? — des dynamiques contemporaines aussi concurrentes ou hétérogènes que la mondialité et la mondialisation, le dialogue des cultures et le tout-communicationnel. C’est pour mettre en débat cette impression d’un contexte politique-théorique, et en la mettant en regard de la criticité de la traduction comme problème du langage — problème de l’étranger : la diversité des langues dans l’universalité du langage ; diversité de l’humain dans l’universalité de l’humain —, que je voudrais présenter deux brèves études sur des discussions universitaires récentes (Maison de l’Europe à Paris, sept. 2007, et Université Paris 8 ; nov. 2007). Il s’agit de situer l’enjeu qui y est me semble-t-il en procès : les implications politiques du translative turn (Venuti toujours) comme réorientation du linguistic turn post-saussurien.


— Communication de J. Borek, Université de Vienne
C’est la traduction qui fait la différence : traduire contre la globalisation

Résumé
Ni la logique de la globalisation des marchés économiques et symboliques ni la langue dont elle se sert — l’anglais en tant que langue dominante devenue depuis longtemps la lingua franca des élites technocrates de toute espèce, ne permettent désormais de concevoir la traduction hors les limites de fins pragmatiques ou commerciales. Vers l’anglais ou de l’anglais - il faut traduire pour (se) vendre et il faut traduire ce qui se vend, semble-t-il. À moins que...


— Communication de C. Imhauser, ISTI HEB Bruxelles
La reconnaissance vocale au service du sous-titrage en direct

Résumé
Les contacts avec les associations de traducteurs ou les employeurs accueillant les stagiaires, et l’information fournie par les anciens étudiants indiquent clairement que le profil du traducteur est en pleine mutation et que la formation initiale traditionnelle ne suffit plus à rendre nos étudiants compétitifs.

Un traducteur aujourd’hui ne peut plus se contenter d’être un bon linguiste, il doit également maîtriser les outils informatiques propres à notre profession. Ceux-ci lui permettront de faire face à des délais de plus en plus courts, à des volumes de travail considérables ou à un nombre de langues élevé. En outre, l’informatique et le multimédia ont créé un marché nouveau puisque les logiciels, les DVD, les jeux vidéo et les sites web doivent être traduits dans de multiples langues.

Cet environnement nouveau en évolution très rapide exige l’acquisition de compétences spécifiques. Ainsi, outre la maîtrise des langues et des outils d’aide à la traduction, se profile une compétence généralement associée à l’interprétation de conférence : la communication orale. Elle est indispensable pour mener à bien des projets multilingues de grande envergure faisant appel au travail en équipe et à la gestion de projet. Elle l’est également pour augmenter le rendement du traducteur grâce au dictaphone et à la reconnaissance vocale. Elle l’est encore plus dans un marché en explosion : celui du sous-titrage pour malentendants. Des milliers d’heures de programmes devront, en effet, être sous-titrées pour les malentendants sur les chaînes de télévision dans un avenir proche. Pour faire face à cette demande, certaines de ces chaînes ont recours à la reconnaissance vocale qu’elles couplent à un travail de reformulation proche de celui de l’interprétation. Ce dispositif leur permet non seulement de réduire les délais mais aussi de proposer du sous-titrage en direct durant les journaux télévisés ou lors d’événements majeurs.

Lors de cette présentation, nous visionnerons une courte vidéo tournée dans un studio de télévision. Elle nous permettra d’analyser le travail des respeakers et de voir dans quelle mesure cette activité langagière nouvelle implique éventuellement l’intégration de nouveaux modules de formation.


— Communication de Ayfer Altay, Hacettepe University, Ankara
Language of law and legal translation

Résumé
Among the various definitions of legal language "argot" (Melinkoff), "jargon" (Tiersma) and technical terminology take place. According to all these definitions, legal language has peculiarities. In order to understand the features of legal language of a specific culture, first we have to know about the external infkuences on this language. These are Anglo-Saxon, Latin and French influences on the English legal language. The general characteristics of English legal language are : 1) long and complex sentences, 2) old and extraordinary sentence formations, 3) 3rd person or passive sentences, 4) uncertain or indefinite sentence structures, 5) use of old language, 6) use of words out of their daily use, 7) use of two or more words having the same meaning within the same sentence, 8) use of "shall" in the legal texts, 9) use of technical terms, 10) official language.

We can handle the methods used in the translation of legal texts under five categories : 1) literal translation, 2) finding the functional equivalence, 3) paraphrasing, 4) neologism, 5) borrowing. As for the nature of legal translation, we can say that 1) it is not only a transfer of legal terminology, 2) it is a transfer from a specific source culture to a specific target culture, 3) and it has to ensure the same legal effect and validity in the target culture. Thus a legal translator : 1) should not add his own interpretations to the text while translating, 2) should not clarify the unclear points, 3) should be an expert in law, at least in the field he translates, 4) should obey the format and style of the same text in the target culture, 5) should watch the consistency of terminology in the translation, 6) should watch the equivalence of the use of grammar in both source and target languages, 7) should not omit any word from the source text, 8) should be careful about the words having different connotations from their daily use, 9) should be careful when translating towards different cultures using the same language.


— Communication de R. Jacquemond, Université de Provence
L’internationalisation de la littérature arabe moderne, du prix Nobel de Naguib Mahfouz (1988) à L’Immeuble Yacoubian (2006)

Résumé
Depuis les années 1980 et surtout le premier Nobel de littérature décerné à un écrivain arabe (l’Égyptien Naguib Mahfouz) en 1988, la littérature arabe moderne s’est fait une (toute) petite place, via la traduction, au sein de la « république mondiale des lettres ». J’étudierai cette insertion comme une sorte de cas d’école des conditions dans lesquelles le marché littéraire international de la littérature (et en particulier ses centres français et anglo-saxon) s’ouvre aux littératures du « global South », et les effets en retour que cette ouverture produit sur le champ littéraire national - égyptien et/ou arabe en l’occurrence. Conditions de l’ouverture : elle se focalise presque exclusivement sur le roman, et sur un certain type de roman, dont L’immeuble Yacoubian de Alaa El-Assouani, best-seller inattendu de l’année 2006 en France (150.000 exemplaires vendus selon l’éditeur), constitue un exemple paradigmatique. Effets en retour : elle remodèle les hiérarchies littéraires, contribuant à marginaliser les genres non ou peu exportables (nouvelle, poésie, théâtre), et exacerbant les luttes symboliques qui, comme dans la plupart des champs littéraires dominés et/ou émergents, sont à la fois esthétiques et politiques.

Texte complet de la communication (pdf)


— Communication de Y. Brailowsky et M._Brander de la Iglesia, membres de Babels
Babels, la traduction et l’éthique hacker : la liberté en action ?

Résumé
Le réseau d’interprètes et de traducteurs bénévoles Babels cherche à développer, dans le cadre des forums sociaux, une pratique qui va à l’encontre des impératifs d’efficacité et de rentabilité propre à la logique de marché. La traduction ne répond pas qu’à un « impératif communicationnel ». La mise en œuvre de cet idéal, cependant, se heurte bien souvent à une mécompréhension des autres participants aux forums sociaux des enjeux linguistiques et politiques de la traduction et de l’interprétation. La défense et la diffusion du logiciel libre, de l’information libre et de l’éthique hacker présente, à ce titre, un modèle alternatif dans le contexte de la mondialisation - à savoir, un nouveau cadre dans lequel on peut défendre les notions de liberté, d’anti-autoritarisme, de créativité, de conscience sociale et un code de déontologie dans les domaines de la traduction et de l’interprétation.

Texte complet de la communication (pdf)


— Communication de M.-C. Pena-Soubras, Université de Caen Basse Normandie
L’expert traducteur-interprète près les Cours d’Appel, un auxiliaire de justice à part entière

Résumé
La complexité des missions de traduction et d’interprétariat demandent de la part de l’expert des connaissances très variées dans des domaines techniques spécialisés comme la médecine, la psychiatrie, l’architecture, l’économie et le droit en général, qui vont au-delà de l’excellente maîtrise des langues. A partir de mon expérience personnelle, je propose d’engager quelques réflexions sur cette activité d’auxiliaire de justice, parfois méconnue.


— Communication de F. Biamonte, Service de Presse Suisse
Viceversa Littérature : une expérience éditoriale en Suisse.

Résumé
Depuis 1943, le Service de Presse Suisse (SPS) suscite l’échange culturel et littéraire en Suisse. Son histoire accompagne celle de la politique des langues dans ce pays : un sujet qui touche à son tour, directement ou par la bande, des questions sensibles dans un État fédéral et plurilingue : école, exception culturelle, etc. La revue Viceversa Littérature, « Jahrbuch » des littératures contemporaines de Suisse, lancée par le SPS en 2007, se propose comme une expérience novatrice dans ce domaine. En filigrane, cette contribution souhaite éclairer d’éventuels domaines dans lesquels l’expérience suisse du fédéralisme plurilingue pourrait contribuer à une construction culturellement et humainement féconde de l’Europe.

Texte complet de la communication (pdf)

 
       


Actualités LISH

RENTRÉE UNIVERSITAIRE 2017-2018

2e session d’admission (septembre)

Présentation du master (pdf)

SAISON 2016-2017

Mercredi 12 avril 2017
atelier Le Traducteur, traductologue à son insu

Vendredi 27 janvier 2017
2e atelier Campus Condorcet


Vendredi 16 janvier 2017
Corpus et traduction

Journée d’étude

Mercredi 23 novembre 2016
Traduire avec l’auteur


17-19 novembre 2016
Sound Writing : Homophonic translation





Recherche par mot clé





T3L - UFR Langues - Université Paris 8, 2 rue de la liberté 93526 SAINT-DENIS CEDEX Logo DEPA